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« La mémoire est une activité biologique et psychique qui permet d’emmagasiner, de conserver et de restituer des informations » selon la définition du Larousse.

 

Qu’est-ce que la mémoire ?

La mémoire est un processus neurologique, processus complexe qui met en lien des chaînes multiples de neurones. Ces neurones forment un réseau qui s’organise et se réorganise au cours des apprentissages.

Lorsque nous mémorisons une information, nous la restituons après l’avoir comprise et retenue. Le cerveau encode l’information à sa manière. Nous encodons puis, plus tard, nous décodons l’information qui se présente à nouveau à nous.

Dans les apprentissages, nous faisons fonctionner notre mémoire à chaque instant. Nous avons besoin de maintenir une certaine information pour exécuter une ou plusieurs tâches cognitives. Nous trions les informations, nous en restituons certaines, nous en maintenons d’autres. C’est notre cerveau qui « décide » ce tri. Le cerveau est capable de se modifier, de créer, de défaire ou de réorganiser les réseaux et les connexions de neurones. On dit que le cerveau est qualifié de « plastique » ou de malléable.

Ce qui fait dire à Serge Laroche, directeur de recherche au CNRS au laboratoire de neurobiologie de l’université d’Orsay que « Il n’y a pas UNE mémoire, mais DES mémoires localisées dans différents endroits du cerveau. Elles fonctionnent de manière complémentaire via des réseaux de neurones interconnectés reliant les régions cérébrales ».

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Types de mémoire

Nous distinguons 3 sortes de mémoire :

  • la mémoire de travail, anciennement appelée mémoire à court terme (celle qui nous permet de retenir des informations utiles à court terme)
  • la mémoire à long terme, la mémoire sémantique (celle des connaissances générales comme la nature des mots, telle phrase affirmative etc.) et la mémoire épisodique (comme retenir un dialogue récité en classe, une vidéo projetée en classe).
  • la mémoire sensorielle, la plus importante chez nos élèves porteurs de troubles d’apprentissage, c’est-à-dire la mémoire visuelle, la mémoire auditive et la mémoire tactile.

 

Mémoire auditive, visuelle ou kinesthésique ?

Pour bien mémoriser, chaque individu a sa propre stratégie mentale : visuelle, verbale, auditive, kinesthésique… Pour réussir ses apprentissages scolaires, il est important de trouver la sienne, et de l’améliorer.

Il est intéressant de tester le  profil sensoriel de l’apprenant pour savoir s’il est plus auditif, ou plus visuel ou plus kinesthésique. Mieux connaitre son mode de fonctionnement permet de travailler de manière efficace et d’ajuster sa méthode à son propre profil pédagogique.

Voici comment fonctionne de préférence un kinesthésique, un auditif et un visuel  pour mémoriser :

Un kinesthésique fait appel au ressenti, aux gestes.

Il associe fortement un ressenti à ses souvenirs que ce soit une sensation, une ambiance, une odeur, un geste… Il  a davantage besoin que l’auditif et le visuel de comprendre le pourquoi des choses, de saisir leur origine et de l’appliquer concrètement.

C’est en touchant, en associant des émotions qu’il donne du sens aux choses. Il préfère essayer par lui-même, quitte à faire des erreurs plutôt que d’écouter les instructions. Pour mémoriser et se concentrer, il a besoin de marcher de long en large ou de mimer, et le mouvement  l’aide à évacuer ses émotions.

Un auditif a besoin de lire et d’apprendre point par point.

Contrairement aux visuels, pas besoin de dessins ni de graphiques, écouter lui suffit pour comprendre et se concentrer.

Les monologues d’un enseignant lui conviennent parfaitement à condition que le sujet l’intéresse ! Ce dont il se souvient d’abord : c’est de la voix de l’enseignant, d’un son, d’une musique, du récit d’une histoire. Pour apprendre, il aime se raconter intérieurement les informations en changeant les mots ou en y mettant le ton. Lire à voix haute ou à voix basse l’aide à mieux comprendre.

Un visuel se remémore plus facilement les formules mathématiques, les images, les expériences, mais pas forcément les détails…

Il apprend mieux à l’aide d’images et a en général plus de difficultés à mémoriser les cours dans lequel le professeur ne fait que parler. Une photo vue dans un livre, la paillasse de la salle de SVT sur laquelle il a réalisé une expérience, une formule mathématique écrite au tableau, des images de lieux ou de personnes auxquelles le sujet lui a fait penser. Voilà ce dont il se souvient en premier quand il essaie de se remémorer un cours. Un tableau, un graphique, un schéma, ou encore les couleurs et la présentation d’un texte l’aident à y voir plus clair et à mieux mémorise. L’expression orale peut représenter une certaine difficulté pour lui. Lorsqu’il explique quelque chose, il lui est souvent plus facile d’avoir recours à une feuille et à un crayon pour illustrer ses propos.

Conseils pour l’auditif, visuel ou kinesthésique

Connaître son profil pédagogique, c’est-à-dire mieux connaître ses entrées sensorielles (auditive, visuelle et/ou kinesthésique) permet de mieux connaître « ce qui marche » dans l’apprentissage et donc la mémorisation.

Conseils pour le kinesthésique  :

  • Étudier par courtes périodes, en se ménageant de petites pauses
  • Marcher et bouger pour étudier en changeant de rythme pour les éléments importants.
  • Faire des jeux de rôle, des mimes, des sketchs, des mises en scène…
  • Réviser sa matière comme si on donne un cours
  • Utiliser des fiches (question d’un côté, réponse de l’autre) pour mémoriser.

Conseils pour l’auditif :

  • Se souvenir de la manière dont le professeur s’exprimait
  • Répéter les faits les yeux fermés, dans sa tête et/ou à haute voix.
  • S’enregistrer après avoir écrit ses notes
  • Redire les éléments avec ses propres mots.
  • Revoir sa matière en interprétant un rôle ou un personnage.
  • Participer à des groupes de discussion
  • Revoir sa matière comme si on se racontait une histoire

Conseils pour le visuel :

  • Mettre des images sur ce que l’on entend, se faire un dessin animé, un film, un scénario.
  • Faire des dessins, mettre des symboles à côté des éléments importants.
  • Retravailler ses notes : surligneurs, couleurs différentes, entourer ou souligner.
  • Coller des affiches reprenant des éléments importants sur son mur.
  • Faire des plans par écrit.
  • Un agenda bien tenu peut aider.
  • Copier ce qui est au tableau et visualiser le tableau en fermant les yeux.
  • Revoir dans sa tête les différentes phases d’une séquence.

 

Comment bien mémoriser une leçon

  • Pour bien mémoriser une leçon, il faut tout d’abord se donner de bonnes conditions : travailler dans un environnement serein, calme, avec le moins de sollicitations sonores ou visuelles possibles (enlever les objets qui sollicitent l’attention comme le téléphone, la tablette, les petits objets amusants, etc.). La table de travail doit être dégagée, bien éclairée, la pièce suffisamment aérée. Certains jeunes disent pouvoir travailler en musique. Oui…. mais une musique instrumentale, c’est-à-dire sans paroles pour ne pas « polluer » la mémorisation des mots. En parallèle, l’hygiène de vie est aussi importante (sommeil suffisant, alimentation saine, activités sportives, pratique éventuelle de yoga, sophrologie, mindfullness etc.).
  • Planifier son travail, se donner des objectifs, diviser son temps : « de telle heure à telle heure, je vais apprendre telle leçon, puis je vais faire tel devoir, etc. ». Élaborer en quelque sorte, une liste de tâches à effectuer ;  la liste sera cochée au fur et à mesure des actions faites et terminée.
  • Lors de l’apprentissage, rester actif en parlant à voix haute (jouer au professeur), utiliser un surligneur pour marquer les mots clés, mettre en valeur les titres, écrire au crayon à papier des signes, pictogrammes, éléments importants. L’apprenant peut s’enregistrer (avec son téléphone) et se ré-écouter pour corriger ce qu’il a omis ou mal exprimé (très efficace).
  • Pour aborder la leçon : la regarder dans sa globalité. Apprendre par cœur les têtes de chapitres, puis les grands titres, puis les sous-titres, etc. Écrire ces éléments sur une feuille de brouillon, ou un tableau et se parler, bouger, dessiner, utiliser des couleurs, faire des cadres. Une fois les gros titres appris, rentrer en profondeur dans le contenu. Utiliser la carte mentale pour restituer tout le contenu. Utiliser les images, les pictogrammes pour symboliser tel ou tel élément.
  • Revoir la leçon au moins une fois avant l’endormissement. La revoir le lendemain, le surlendemain. Si quelques éléments restent difficiles à mémoriser, les revoir avec une autre manière. Les copier et mettre la feuille dans la poche pour la ressortir plusieurs fois dans la journée, par exemple. Prendre un moment dans la journée pour « revisiter » la leçon dans sa tête ou à voix haute.
  • Il est parfois utile et efficace d’apprendre dans un certain lieu (bureau ou chambre) et de restituer la leçon en changeant de lieu (cuisine ou salon). Si la restitution n’est pas exacte, retourner sur le lieu de la préhension (bureau ou chambre).
  • La leçon peut être difficile à retenir parce que certains mots n’ont pas été expliqués et mémorisés. Il faut alors s’arrêter sur chaque mot et lui donner tout son sens.

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La mémoire des lieux dite « mémoire des loci »

Cette technique de mémorisation très efficace consiste à associer un lieu (et donc une image)  et l’information à retenir (phrase ou mot). Elle permet de mémoriser facilement jusqu’à 40 ou 50 informations.

Elle reprend trois grands paramètres de la mémorisation : l’ordre, l’association et la répétition :

  • 1ère étape : Choisir dans un lieu donné, dans un ordre spatial, 40 lieux qui se suivent géographiquement. Les numéroter un par un, en répétant très souvent depuis le début et en suivant du regard ces lieux choisis. Par exemple, dans votre chambre : (vous dites) « 1, la lampe de  chevet, 2 le lit, 3 la chaise, 4 le bureau, 5 la lampe, 6 la trousse, 7 la gomme, 8 la fenêtre, 9 le radiateur etc. Lorsque tous ces lieux sont mémorisés avec leur numéro, bien dans l’ordre, passer à la deuxième étape.
  • 2ème étape  Attribuer à chaque lieu, progressivement, en répétant depuis le début à chaque ajout d’une information au lieu numéroté, une information à retenir (un nom, une phrase etc). Par exemple : En regardant la lampe de chevet, lieu numéro 1 / donner l’information, puis en regardant le lit, lieu numéro 2 / donner l’information, etc.

Tout en énumérant ces informations retenues parce que liées à un lieu et une image, on peut aussi faire du théâtre, parler, faire des gestes ou autres mouvements.

Odile Golliet

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Formatrice spécialisée en phonologie anglaise et orthopédagogie

Afin que vous puissiez mieux comprendre pourquoi je me suis lancée dans une telle aventure, je raconterai brièvement ma propre histoire.…